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Frédéric Bodineau « Une culture club autour de la performance »

6 Oct. | Centre de formation

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Frédéric Bodineau est devenu, cet été, le nouveau directeur du centre de formation du Football Club de Lorient. Après ce début de saison, ce dernier se livre à l’exercice de l’interview. Il y évoque notamment son parcours, son récent rôle de directeur mais aussi sa vision du parcours de formation d’un joueur du FC Lorient. 

Frédéric, tout d’abord, peux-tu nous parler de ton parcours avant de rejoindre le FC Lorient ? 

J’ai débuté mes expériences d’éducateur dans les années 2000. J’ai ensuite connu la préformation du FC Nantes pendant trois années, puis plus de quinze ans en tant que cadre technique à la Fédération Française de Football. J’étais localisé en Pays de la Loire (Ligue de l’Atlantique). J’ai participé au développement et à l’animation des pratiques, à la formation des entraineurs, puis exercé les fonctions de Directeur Technique Régional avant de terminer avec les sélections et le parcours d’excellence sportive.

Après cela je suis parti en Guadeloupe pendant deux ans, en tant que conseiller technique national au CERFA (centre élite des régions françaises d’Amérique). Mon but était de permettre à des garçons de Guyane, Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin, de s’entrainer dans de bonnes conditions.

Puis entre choix personnels et COVID, j’ai décidé de revenir en métropole.

Régis Le Bris (ancien directeur du centre de formation du club) te propose ensuite de rejoindre le FC Lorient…

En effet. Dans un rôle de responsable de la préformation depuis août 2021. On a pu monter de nombreux projets avec des personnes formidables. On a notamment fait évoluer notre école de foot, avec entre autre des partenariats avec des clubs locaux. On a aussi modifié notre manière de travailler (décloisonnement joueurs et éducateurs). On a lancé le BMF en apprentissage, retravaillé sur le recrutement…

Puis, en fin d’année, c’est présentée l’opportunité de prendre la direction du centre de formation.

Peux-tu nous parler de ce nouveau rôle ? 

Aujourd’hui, je pilote plusieurs choses. Je conserve une partie sur la préformation jusqu’à l’arrivée de mon successeur. Je pilote le BMF en apprentissage dans la continuité de l’année passée. Je suis aux côtés d’Anais (Bounouar) et Ruddy (Ebondo) sur les séances d’entrainement de la formation. Mais aussi toute la partie direction, l’école, l’internat, les réunions, les comités… Et une autre partie sur le recrutement avec notamment Johann Marien.

Quel est le projet du centre de formation du club ? 

Notre raison d’être est de pouvoir alimenter l’équipe professionnelle. L’objectif est de propulser, chaque année, 3 joueurs dans le « 16 utile ». Ceux qui se partagent l’essentiel du temps de jeu.

Le concept central sur lequel nous travaillons c’est la recherche de la performance. On doit mettre des conditions en place pour cela. Aujourd’hui on axe une grande partie de notre travail sur l’utilisation de la vidéo. Parce que l’on pense que c’est un outil merveilleux pour progresser. Mais cela reste un outil au service du projet.

Staff Centre de Formation 2022/23

Quels sont les leviers pour arriver à cette performance ? 

D’une part on a le recrutement. On doit trouver des joueurs qui correspondent au projet club, et qui veulent avancer avec nous. Et d’autre part, on doit créer les conditions de réussite de ces jeunes.

Avec des valeurs directrices ?

Evidemment. L’humilité, le travail, le respect, l’écoute et l’ambition aussi qui me paraissent fondamentales.

Et j’aimerais aussi mettre en avant la joie. Car ça me parait essentiel dans la réussite des garçons. On doit avoir des jeunes qui aiment le foot, qui apprécient ce qu’on leur propose. Dans leur vie sportive, mais aussi à l’école, à l’internat. Et le club s’attache à mener un projet éducatif dans ce sens.

Comment s’articule le groupe formation depuis cette saison ? 

On a trois équipes au niveau du centre. Les U19, U17 et la réserve à des niveaux nationaux. Mais aussi les U18 et U16 au niveau régional 1, alimentés principalement par le Lycée Dupuy de Lôme. En tout, on a une trentaine de jeunes pour le groupe formation. Et une vingtaine pour la réserve.

Maintenant l’objectif pour nous est de suivre l’avancée des apprentissages des ces jeunes et de concevoir pour chacun des parcours de développement individualisés. Certains peuvent ainsi « passer au dessus » s’ils en ont les capacités à l’entraînement tout d’abord puis, ensuite, sur les rencontres du week-end. Nous proposons à certains de jouer dans la catégorie inférieure pour vivre une expérience différente où ils peuvent avoir un rôle différent (leadership) pour des profils en retard morphologique notamment.

Et ce qui nous intéresse, c’est de faire prendre conscience aux jeunes qu’il y a des caps à franchir. Tout cela dans une logique de progression et d’évolution.

Quelle importance accordes-tu à la culture club ? 

Pour moi, les valeurs humaines, celles « autour du terrain », sont un préalable fort. Ensuite, j’en ai parlé, il faut une culture partagée autour de la performance.

Et de celle-ci découle beaucoup de choses, de la méthodologie d’entrainement à la pédagogie en passant par la place de la compétition. On doit assurer une continuité, une stabilité, une vision commune mais sans devenir un dogme. L’objectif premier restant former des joueurs performants pour notre équipe professionnelle.